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  Concept-car C-SpeedLounge

Privilège accordé aux meilleurs projets, une maquette a été réalisée à partir des travaux de Nicolas BEAUCHAMP, étudiant du Strate Collège, en stage durant le premier semestre 2006 au Centre de Style Citroën, pour sa dernière année de dîplome en Design industriel. Nicolas a imaginé le C-SpeedLounge, véhicule alliant vitesse et confort, avec le soutien technique des équipes du Style Citroën.


Une Citroën à Grande Vitesse

L'avion, le train et l'automobile se disputent le marché des voyages de longues distances. Les transports en communs sont les plus sûrs et les moins fatiguants, mais les voyageurs perdent les libertés que leur offre l'usage d’une automobile. Le C-SpeedLounge, imaginé par Nicolas BEAUCHAMP, permettrait à cette catégorie de grands voyageurs 1ère classe de parcourir la grande Europe en sécurité, confortablement, sans pétrole et dans les mêmes délais que l’avion, en empruntant un réseau routier à très grande vitesse.
Dans son scénario, Nicolas imagine la mise en place, au niveau de la Grande Europe, d'un réseau automobile spécifique à très haute vitesse (500 Km/h). Son véhicule peut être piloté 'manuellement' jusqu'à l'entrée sur ce réseau, où il est alors pris en charge et piloté automatiquement. En intégrant l'ensemble des mécanismes de pilotage automatique, le C-Speelounge libère alors le conducteur de la fonction de pilotage et lui permet de vivre sa voiture comme un salon.



Utilisant l'énergie électrique, le C-SpeedLounge est doté d'un système lui permettant de se recharger tout les 50 Km.

Les influences

Lorsqu'on demande à Nicolas quelle est pour lui la Citroën la plus réussie au niveau du Design, il répond sans hésiter la SM.Ce qui lui plaît en elle c'est son concept fou alliant une carosserie futuriste pour l'époque, dynamique, élégante, et qui contraste avec son moteur Maserati au son unique.



Sa Citroën actuelle préférée est le concept-car C-SportLounge. Du point de vue technique il le trouve réaliste et industrialisable, du point de vue Design, Nicolas souligne que le designer Frédéric Soubirou a réussi à créer une image moderne à la marque aux chevrons, tout en gardant des thèmes forts qui caractérisent Citroën, comme la calandre, la présence de chromes et des découpes de fenêtres futuristes.
Deux grandes thèmes ont influencé Nicolas dans sa conception du C-SeedLounge : l'aéronautique et la compétition automobile. Tout d'abord la référence aux avions pour le côté simplicité et pureté du fuselage que l'on retrouve sur toute la partie avant du C-Speedlounge, qui contraste avec une partie très mécanique à l'arrière qui rapelle les turbines d'un avion ou des extracteurs d'air. Enfin, dernier clin d'oeil aux avions : c'est la forme de la cabine qui ressemble à un cockpit d'avion. La compétition automobile a aussi inspiré Nicolas dans les proportions de son C-SpeedLounge. En effet il a constaté que toutes les voitures de record de vitesse ou encore les voitures des 24 Heures du Mans avaient une architecture bien particulière : elles sont toutes très basses et longues. celà s'explique pour des contraintes aérodynamiques. Plus la voiture et basse et longue, meilleure sera la trainée, autrement dit la pénétration dans l'air.

Les différentes phases de la réalisation du projet C-SpeedLounge

La réalisation d'une automobile passe par plusieurs phases incontournables. Le Designer débute ses travaux par des esquisses qui donneront naissance à une ou plusieurs maquettes en polystyrène, mousse et plastiline pouvant aller jusqu'à l'échelle 1. Des passages en soufflerie sont également nécessaires à déterminer les consommations du futur véhicule.

Esquisses

Cette partie du projet est la plus exitante, surtout pour un diplôme d'étudiant car il n'y a aucune limite de créativité. Seuls quelques mots-clés doivent sans cesse revenir en tête. Pour le projet C-SpeedLounge le cahier des charges était que le style de la voiture devait évoquer : vitesse, simplicité & pureté, dynamisme, rupture. Sans oublier que les acheteurs potentiels seront les hommes/femmes d'affaires, donc le style de la voiture devra également évoquer l'élégance et le confort.



Dans cette phase d'esquisse, Nicolas BEAUCHAMP s'est donc efforcé à jouer sur les imbrications de volumes comme on peut le voir sur les petits dessins au bic, notament en jouant avec des grosses écopes pour avaler ou extraire l'air. Mais il a aussi fait attention à conserver la référence aéronautique en contrastant les imbrications de volumes avec des surfaces très simple et des vitres très petites (style AudiTT ou Mercedes CLS) pour renforcer le côté cockpit.

Une présentation à Mr PLOUÉ (Responsable du Design Citroën) va permettre à Nicolas de choisir quelques dessins clés pour pouvoir commencer à finaliser la voiture en faisant des dessins en couleur.



A ce stade du projet, pour pouvoir commencer la maquette en polystyrène, il faut un 3/4 avant et arrière harmonieux et précis de la voiture, ainsi qu'une vue de côté à l'échelle. La vue de côté est trés importante, car elle va servir de référence aux modeleurs pour réaliser la maquette, car ils vont prendre des points de mesures sur le dessin qu'ils vont reporter sur le volume.



La finalisation des dessins clés va également permettre de créer une architecture à la voiture, et donc d'imaginer la vie à l'intérieur du véhicule, en créant un package (architecture) avec l'emplacement de l'homme, du moteur, des roues,etc...

Modélisation en Volume

Une fois les dessins des différentes vues du concept achevés, le designer réalise alors une maquette de proportions en polystyrène. Il donne « corps » à l’idée en quelque sorte. Cette étape, qui permet de se faire une première idée des volumes de son projet, a d'ailleurs permis a Nicolas BEAUCHAMP de repérer une erreur de proportion au niveau de la cabine. En effet sur le polystyrène il s'est rendu compte que la cabine (zone d'habitabilité du véhicule) était bien trop petite. A ce moment là, la voiture ressemblait trop à un coupé et pas assez à une limousine comme il le souhaitait. Il a donc allongé la cabine de plusieurs centimètres sur la maquette en plastiline.

Modelage Plastiline & 3D numérique

Aprés la correction des erreurs la maquette en polystyrène, Nicolas réalise la maquette en plastiline à l'échelle 1:5ème. Cette étape est la plus importante, car elle va permettre de sculpter la voiture et de mettre en volume toutes les idées de la phase 'Esquisses'. L'avantage d'utiliser une matière comme la plastiline, c'est que l'on peut enlever et remettre de la matière à l'infini... ce qui n'est pas le cas du polystyrène ni de la mousse où on a pas le droit à l'erreur.



Pour le projet C-SpeedLounge, les magnifiques pouvoirs de la plastiline ont permis à Nicolas de mettre au point son idée d'imbrications de volumes sur l'arrière, avec tous les extracteurs d'air.

Une fois cette maquette en plastiline terminée, on procède à un relevé de points au laser. De nombreux petits autocollants sont collés sur la voiture, puis le laser les scanne un par un. Ensuite se sert du scan de la maquette pour recréer un maillage en 3D. On symétrise ce maillage pour avoir le 2ème côté de la maquette. Enfin on peut donc admirer virtuellement la voiture finale après avoir fait à nouveau des retouches sur les lignes de la carrosserie en 3D numérique. Les logiciels utilisés par les modeleurs numériques sont IcemSurf ou Alias AutoStudio.

Aérodynamique

Ces simulations permettent de visualiser la pénétration dans l'air. Pour qu'elle soit bonne il faut qu'il y est le moins d'aspiration possible, c'est à dire le moins de bleu possible sur le dessin - ce qui signifie que le bulbe (aspiration du véhicule) est très faible - donc que la trainée ou pénétration dans l'air est bonne. Pour le C-SpeedLounge c'est le cas : la trainée est bonne car on se rend bien compte que le bulbe (partie bleu) est faible. Ces calculs vont être vérifiés en soufflerie 1:5ème.

Passage en soufflerie

Juste aprés le scan, Nicolas BEAUCHAMP a eu la possibilité de passer sa maquette en plastiline à la soufflerie 1:5ème de Citroën à la Ferté Vidame. Pour cette phase il a eu l'aide de Jean-François BEAUDOIN, ingénieur aérodynamicien de PSA, qui lui a permis de réaliser des mesures aérodynamiques. Le but de leur travail a été de justifier chaque forme, appendice ou orifice de la voiture (notament les 2 énormes écopes situées à l'avant, et qui vont servir à avaler de l'air frais et refroidir les moteurs électriques se situant aux roues avant).



Les 2 trous se situant sur les passages de roues/ailes avant serviront à extraire l'air chaud des moteurs électriques. Le fait qu'il y ait qu'une seule et grande ouverture va permettre d'avoir une meilleure acoustique à l'intérieur du véhicule.



Les ouies, ainsi que les 2 écopes qui se situent sur la face arrière du véhicule, vont permettre d'extraire l'air chaud des moteurs électriques arrière.



Une prise d'air située sous le véhicule va également permettre d'avaler de l'air frais pour refroidir les moteurs arrière.



Enfin, les jantes en forme de turbines ont une fonction bien précise : elles vont permettre d'aspirer de l'air frais pour refroidir les moteurs arrière, mais aussi favoriser l'aérodynamisme en empêchant l'air de ressortir par les roues grâce à leur forme.


Maquette en mousse dure

Aprés le travail en 3D numérique, on réceptionne la troisième maquette mousse haute densité échelle 1:4 au fraisage. Elle donnera naissance à la voiture finale. Nicolas pose des tapes (adhesifs noirs) afin de corriger la tension des lignes dues aux petites imperfections du fraisage. Ensuite vient le moment de préparer la maquette en mousse pour qu'elle reçoive la peinture. Trois couches d'apprêt seront nécessaires : d'abord, 2 couches d'aprêt jaune épais (permettant de boucher les petits trous provoqués par la mousse, mais aussi ponçage plus important). Une fois la qualité de surface proche de la perfection, une dernière couche d'aprêt est appliquée. Cet aprêt de finition est blanc et fin (on le ponce à l'eau avec de l'abrasif extra fin afin d'atteindre une qualité de surface irréprochable avant la mise en peinture). Pour savoir quand le ponçage est terminé, on touche avec la main jusqu'à avoir l'impression de caresser de la soie !



A ce moment là du projet commence le sprint final : en effet le designer doit être capable de gérer plusieurs travaux en même temps. Il a fallu continuer à faire les dernières corrections de ligne sur la maquette en mousse, dessiner tous les détails (jantes, feux, chromes,...) pour pouvoir les réaliser ensuite en 3D numérique et les fraiser... sans oublier la préparation des couleurs finales du concept-car en travaillant avec les designers matières et couleurs.

Matières et couleurs

Pour terminer son étude, Nicolas bénéficie des conseils de designers matières et couleurs pour la peinture de la carrosserie, mais également pour les pièces rapportées.



Pour le projet C-SpeedLounge, cette partie du travail a été trés interressante, car en volume Nicolas avait fait le choix d'avoir une carrosserie trés simple et pure - il a donc fallu qu'il contraste avec des détails très graphiques, provocateurs et innovants. Notament les parties chromées à l'avant et à l'arrière de la voiture, mais aussi les sabres sur les côtés qui viennent habiller le cockpit et rajouter du dynamisme à la ligne.



Enfin, la partie délicate était le choix des jantes, du fait d'une vitesse trés élévé et aussi pour des besoins d'économie d'énergie il fallait que les roues aient un diamètre important. Le design de ces jantes allait donc s'avérer un point crucial du projet. Nicolas a opté pour la simplicité, tout en gardant un thème fort : celui de la 'turbine' qui en plus d'être fonctionnel nous rapelle l'inspiration aéronautique du projet C-SpeedLounge.



Nicolas nous confie que cette dernière étape du processus a été trés amusante. Elle a en effêt permis au designer de relacher un peu le stress que lui a procuré la construction de la voiture, et de revenir dans une phase de création en faisant le choix des couleurs. Pour le C-SpeedLounge il souhaitait créer un univers un peu 'Jules Verne' (carlingue d'aviation du début 20ème siècle). Il a donc voulu absolument retrouver l'univers bronzâtre qu'il avait crée dans les dessins clés avant et arrière Photoshop - ce qui a l'a poussé à choisir une peinture bronze et or brillante sur toute la partie avant/fuselage de la voiture, et une teinte mâte sur la partie arrière, pour la rendre encore plus mécanique.



Enfin, le choix des chromes noirs était pour l'élégance de la voiture. En effet des chromes blancs auraient été trop visibles, trop sport, et le fait d'avoir mis un soupçon de noir dessus a permis à Nicolas de conserver le côté miroir du chrome en le rendant discret, élégant et donner naissance à des détails semblables à des bijoux !

La maquette finale

La maquette finale a reçu sa robe définitive, ainsi que tous ses accessoires chromés. Elle peut être exposée à l'ADN de VÉLIZY, et sur le stand de l'École STRATE COLLÈGE du Mondial de l'Automobile 2006.


Portrait de Nicolas Beauchamp

Nicolas Beauchamp est agé de 26 ans. Il a obtenu un BAC STI systèmes motorisés en 1999. La suite logique aprés ce type de BAC est la mécanique ou école d'ingénieur, mais ce créatif a décidé de s'orienter vers un BTS ACI assistant en création industrielle jusqu'en 2001, qui va lui permettre de découvrir une nouvelle passion, le Design, à travers des projets trés divers comme l'électroménager, le mobile home, le trimaran, le parfum,etc... mais pas d'automobiles à son grand regret.



En effet, depuis sa naissance il a baigné dans le milieu du sport-automobile (son père était pilote dans les années 70-80 en coupe R8 Gordini, Golf GTI, et en critérium production - sa ma mère était elle aussi passionnée de sport mécanique...). Il a donc hérité de cette passion et a débuté le karting à l'âge de 15 ans.



En 2000-2001, toujours pilote de Karting en Championnat de France tout en passant son BTS de design, il a été sélectionné pour intégrer le sport-étude de La Filère ELF au Mans pour effectuer une saison en Formule Renault ELF Campus. Du coup, aprés son BTS, il a décidé de repousser d'un an son accession à une école de Design automobile pour tenter de devenir pilote professionnel. Mais pour des raisons de budget, il a renoncé à la carrière de pilote automobile, et est entré comme prévu à l'école Strate Collège Designers en 2002.



Aujourd'hui, son Master de Designer Automobile en poche, Nicolas a repris la course automobile en rencontres Peugeot Sport en Coupe 206 relais.

Son parcours en design

En 2004, aprés un stage chez Heuliez France Design, Nicolas a passé 5 mois chez l'équipementier automobile Johson Controls Europe, à Cologne.



Durant sa dernière année d'études, il a effectué 2 stages chez des grands constructeurs automobiles : un premier de 4 mois chez Volkswagen à Wolfsburg (Allemagne), puis son dernier stage de 6 mois chez Citroën où il a pu réaliser son diplôme 'SpeedLounge', et obtenir son Master de Designer Automobile à Strate Collège en Juin 2006.



Pour des raisons de lignes budgetaires Nicolas n'a pas pu être enbauché chez le constructeur aux chevrons, mais à l'heure où nous mettons en ligne cet article, il semble qu'il soit en contact avancé avec 2 grands constructeurs européens.



Nicolas BEAUCHAMP tient à remercier tout le style Citroën, notamment son parrain de stage Raphaël LINARI, ainsi que Frédéric SOUBIROU, Jean-François BEAUDOIN (aérodynamicien PSA) et son stagiaire Julien pour la passage en soufflerie et Philippe NEMETH, responsable transport à son école STRATE COLLEGE Designers.'



Contact : cliquez ici pour écrire à Nicolas BEAUCHAMP





La rédaction de QUAIdeJAVEL/Univers Chevron tient quant à elle à remercier Nicolas BEAUCHAMP ainsi que Philip NEMETH (Directeur du département Design transport à l'Ecole STRATE COLLÈGE), pour leur gentillesse et leur disponibilité.

Mis en ligne par Berthelot Pascal le 2006-12-15
 
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