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  2CV Expo Show à la Cité des Sciences

A l’occasion de ce soixantième anniversaire, la Cité des sciences et de l’industrie et Citroën offrent à la « deuche » une exposition spectaculaire : voitures suspendues dans le ciel du musée, défilé mécanique des modèles les plus emblématiques, podium à la gloire des modèles historiques, collection de modèles miniatures, films d’archives, documentaires, spots publicitaires d’époque et témoignages d’ingénieurs et de designers... Dans cette exposition à la scénographie très contemporaine, modèles de série et séries limitées livrent leurs secrets d’innovation aux plus curieux. Les sentimentaux se bercent au bruit si caractéristique du moteur tandis que les plus enthousiastes peuvent rebondir à sur le siège arrière du véhicule-démonstrateur.


Une expo-show pour la 2CV

La 2CV a 60 ans... et tout est dedans ! Le souci de répondre au plus juste aux besoins réels de ses usagers. Celui de réduire au maximum le prix du véhicule, donc sa puissance, son poids et, a fortiori, sa consommation, pour en faire une voiture POPULAIRE.

Celle qui a traversé les décennies et les générations traverse aujourd’hui le ciel de la Cité des sciences, suspendue à une dizaine de mètres du sol, avant de se poser en douceur dans l’exposition qui lui est dédiée.
Mirage ou clin d’oeil ?

Car la 2CV pouvait tout faire : traverser des champs de pleine terre sans bousculer un panier d’œufs disposé sur son siège arrière, dormir dehors en plein hiver, traverser un ruisseau à gué ; tout, donc, sauf précisément voler. Le ton est donné : la 2CV a vécu, depuis 1990 elle n’est plus fabriquée, mais elle reste d’une surprenante actualité, gravée dans les mémoires de chacun comme l’emblème de la voiture « essentielle ».

Au premier plan de l’exposition

A l'entrée de l’exposition, trois 2CV trônent sur des podiums : un prototype de 1939, la 2CV type A de 1950 et la 2CV AZAM modèle 1966. Sur leur pare-brise défilent, comme sur un écran, la fiche technique et les particularités du modèle. Des banquettes entourent deux de ces podiums, permettant au visiteur d’apprécier l’étonnant spectacle de l’exposition. Elles sont sonores : on peut y écouter ce que la voiture a à raconter.


Des photos d'archives aux modèles réduits

Au second plan, un panneau composé de centaines de photos d’archives ou de films illustre la carrière de cette voiture à la fois mythique et sympathique, figurant dans le club très fermé des légendes automobiles. Un autre présente une quarantaine de modèles réduits de 2CV à l'échelle 43è.

Retour sur les modèles exposés à l'entrée :


2CV A, modèle 1939

Homologuée en 1939, elle est le tout premier modèle de 2CV construit par Citroën. Originale par sa forme, cette 2CV l’est aussi par les matériaux employés pour sa construction.

Ses caractéristiques ? Un phare unique, placé à gauche, une carrosserie légère en tôle d’aluminium ; les quatre ailes en tôle d’acier ; du rodhoïd à la place du verre pour les glaces ; pas de clef de contact mais un démarrage à la manivelle ; un essuie-glace unique central à course elliptique ; pas de jauge électrique.
La véritable innovation, c’est sa suspension, très sophistiquée, comportant 8 barres de torsion dont 2 n’entrent en action qu’en cas de surcharge. Vu la légèreté de l’ensemble, un petit moteur 2 cylindres à refroidissement par eau suffit à propulser la masse du véhicule.

2CV A, modèle 1950

C’est une voiture polyvalente, à vocation rurale et à maintenance minimale. Produite jusqu’en 1962, elle est quasiment identique à celle présentée au salon de Paris en 1948. Mais elle offre des « plus » par rapport au modèle d’avant-guerre : un deuxième phare à l’avant, un démarreur électrique actionné par une tirette à cable.
Le refroidissement du moteur par air permet de supprimer un certain nombre de pièces et simplifie l’entretien.

En revanche, la carosserie en aluminium, légère mais coûteuse, est abandonnée au profit de l’acier embouti.
Ce modèle possède encore une fois des suspensions étonnantes. L’amortissement est confié à de simples frotteurs mécaniques et à des masses mobiles, placées à l’intérieur des roues avant, qui les plaquent au sol et assurent la fameuse « tenue de route ».

2CV AZAM, modèle 1966

« AZAM » (prononcer (azèdahème) comme AZ améliorée : c’est la 2CV de luxe. Sa physionomie, son confort et sa tenue de route sont transformés. Sa finition supérieure est inspirée de l’Ami 6. La face avant est mise au goût du jour. La calandre est retravaillée, elle possède trois barres horizontales en aluminium. Le jonc
des pare-chocs, traditionnellement métallique, est maintenant surplombé d’une couche de plastique noir.

L’intérieur aussi est relooké : banquettes moelleuses en tissu dit « diamanté », banquette avant coulissante, grand volant en bakélite gris clair très chic, commande de clignotants sur la colonne de direction, miroir de courtoisie dans le pare-soleil côté passager... Mais la vraie révolution est encore ailleurs : les portes avant ne
s’ouvrent plus de l’avant vers l’arrière mais de l’arrière vers l’avant, dans le « bon sens » en somme.

Le défilé des 2CV

Le clou de l’exposition, c’est sans conteste ce défilé de 2CV, un spectacle d’une quinzaine de minutes, malicieux et décoiffant. Trois par trois, des voitures entrent en scène, s’arrêtent quelques instants, s’offrent aux regards, puis repartent nonchalamment tandis que se déploie à l’arrière plan un spectacle audiovisuel de 16 mètres d’amplitude, mêlant films d’archives et création numérique, rythmes techno et
musiques pop. Un reflet de la diversité de la gamme 2CV et une preuve de sa propension sidérante à capter l‘humeur de l’époque.

Les classiques d’abord, produites dans les années 40 et 50 elles représentent l’apogée de la production : les fans reconnaîtront la 2CV 1953, conduite à droite (car c’est un modèle anglais, reconnaissable à son petit emblème sur le capot), puis la 2CV camionnette de 1955 et enfin, la 2CV 1958 collector. A l’arrière, des images du Salon de l’auto de 1948 mais aussi des archives personnelles de Jean Malard, un monsieur qui restera dans la légende pour avoir fondé le premier 2CV Club de l’histoire, celui de l’Orléanais. Ce qu’on y voit ? Des baignades et des pique-niques à l’ombre de la 2CV, une voiture qui manifestement transporte gaité, insouciance et liberté.





Les années 60-70

Ensuite arrivent les championnes des années 60 et 70, du sport à l’aventure, de l’exploit individuel au raid collectif. La 2CV 4x4 Sahara 1961, la 2CV Raid Afrique de 1973 et enfin la 2CV Cross de 1976 défilent devant des images de rallyes dans les dunes. Celles-ci glissent progressivement du noir et blanc à la couleur, le rythme
s’accélère, la musique est rock’n roll.


Les séries spéciales des années 80

Enfin apparaissent les starlettes des années 70 et 80 et, pour ces séries spéciales ou limitées, l’ambiance est nettement plus romantique, voire légèrement « soap ». La 2CV Spot 1976, la 2CV Charleston rouge de 1988 et enfin, la 2CV Dolly rouge et blanche, de 1988 également, défilent au clair de lune ou devant des couchers
de soleil. Certains se souviendront des images qui les accompagnent, tout droit sorties des spots publicitaires de l’époque.

Démonstration d’ingéniosité

L’exposition propose aux visiteurs d’essayer par eux-mêmes la 2CV. Non pas de partir faire un tour mais de s’installer dans le véhicule, de toucher, de regarder et d’écouter. Une voix off décrit l’habitacle et livre différentes anecdotes. Saviez-vous que si la pédale d’accélérateur est constituée d’une large palette en tôle, c’est pour
qu’un paysan en sabot puisse la conduire ?

Un ilot technique

Dans cet îlot technique consacré à la 2CV on comprend enfin le secret de son confort et sa tenue de route exceptionnels. Ils sont obtenus grâce à une suspension totalement inédite. Non seulement celle-ci permet aux roues un grand débattement nécessaire pour les mauvais chemins, mais, en plus, les roues avant et arrière d’un même côté sont reliées entre elles afin d’obtenir un effet d’interaction. Enfin, chaque bras de suspension possède un étonnant batteur. Ce dispositif très ingénieux est constitué d’un tube vertical fermé contenant une masse libre, posée sur un ressort, et qui se soulève chaque fois que la roue rencontre un obstacle, si petit soit-il.

Le batteur permet ainsi à la roue de la 2CV de rester en permanence en contact avec la chaussée. De même, bien que sa cylindrée et sa puissance soient particulièrement faibles, le moteur de la 2CV rassemble une technologie moderne pour l’époque avec son carter en fonte d’aluminium, ses soupapes en tête, ses culasses refroidies par air et par huile, son embiellage emmanché à très basse température dans de l’azote liquide ou encore son absence totale de joint de culasse.

La 2CV mise en pièces

Dans des vitrines sont présentées quelques pièces détachées : un volant ; un levier de vitesse, un rétroviseur, un compteur, deux types de feu arrière, ainsi qu’un moteur de 2CV.

Infos pratiques

- Jusqu’au 30 novembre 2008, tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h (19h le dimanche), à la Cité des sciences et de l’industrie, 30 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris, M. Porte de la Villette.
- Informations et réservations sur www.cite-sciences.fr
- Tarifs : 8 Euros et 6 Euros (tarif réduit)
- Une exposition accessible au public déficient visuel, au public présentant un handicap mental et au public sourd.

Mis en ligne par Berthelot Pascal le 2008-09-26
 
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